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Questions à Paul Fedèle, rédacteur en chef de France Snacking
Qu’entendez-vous précisément par snacking ?
« Le snacking est généralement assimilé à des prises alimentaires fractionnées réparties au long de la journée. Mais sa définition française désigne, non plus seulement une dimension grignotage avec sa connotation malbouffe comme dans les pays anglo-saxons, mais dorénavant un mode alimentaire. Une manière de se nourrir construite autour des notions de gestion du temps, d’efficacité, de prix mais aussi d’équilibre.
Snacker à la française signifie consommer sur le pouce hors ou en substituts de repas, sans les codes traditionnels de la table, plutôt des produits nomades ou de partage, dans une fourchette tarifaire économique et surtout de plus en plus « nutritionnellement corrects ».
Quelles sont les grandes tendances actuelles du snacking ?
Le snacking est l’expression moderne d’une alimentation corrélée aux modes de vie d’aujourd’hui : développement de la consommation hors domicile, accélération du rythme de vie et de la mobilité, densification du temps de travail sous l’effet des 35 heures. La déstructuration des repas n’a pas ébranlé le modèle français, encore bien ancré sur 3 repas principaux, même si les lignes bougent, surtout côté jeunes adultes, et que se dessine une consommation de l’après-midi.
D’où le développement d’un snacking « made in France » hédoniste et débordant sur le repas avec des exigences fondées sur le triptyque bon - moins cher - rapide. Ajoutée à cela une recherche de sens dans un climat économique incertain, et vous obtenez un snacking qui tend à donner l’exemple en matière d’équilibre alimentaire, d’innovation et de respect de la planète.
Comment évolue son offre ?
Le snacking se substituant au repas entraîne une diversification des offres. Solides et liquides se montrent de plus en plus créatifs. Les sandwichs s’ouvrent à des pains spéciaux, les salades sont à base de céréales et de légumineuses, les plats cuisinés investissent les vitrines, les desserts se font plus gourmands et les boissons plus fonctionnelles.
L’innovation touche aussi les packaging qui deviennent plus écolos et s’adaptent à des consommateurs toujours plus nomades pour qui l’acte de manger ne s’opère plus forcément autour d’une table mais aussi au bureau, dans la rue, devant la TV. Résultat : des emballages qui jouent la praticité en intégrant des couverts et qui deviennent un peu plus des produits services, à l’image des formats box ou cocotte qui investissent les linéaires.
Le secteur se porte bien ?
Très bien ! C’est un îlot de croissance dans un environnement plutôt morose. Les industriels ne s’y sont pas trompés et fondent un à un sur ce nouveau mode de consommation où foisonnent les innovations alimentaires.
Même mouvement dans la restauration où le snacking gagne des parts de marché sur la restauration servie à table, surtout au déjeuner avec chaque année toujours plus d’intervenants. En 2009, selon les données NPD Crest, la restauration rapide gagnait encore 1 point de part de marché à 73,3% et accueillant plus de 7 visites sur 10. »
Interview : Jean-François Vuillerme


