> André Daguin de retour à la case Social
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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)
Coup de rage et courage, mauvais coups et bon coup
Les jeux sont faits. Avec ou sans juge. La rumeur de son renversement courait depuis plusieurs mois. Le congrès de Nantes vient de la confirmer, Christine Pujol a perdu la confiance d’une majorité d’élus départementaux. Ces derniers s’en remettent désormais à André Daguin pour sauver le contrat d’avenir. Et au delà, l’image de la restauration traditionnelle française.
On ne s’étendra pas ici sur l’art et la manière de faire, ce mélange de brutalité et de basse manœuvre dont peuvent être coutumières les organisations professionnelles et les partis politiques. Putsch ou coup d’Etat légal, le résultat est là : au premier quart de son mandat, la présidence de Christine Pujol a été canardée en plein vol. "Le retour des tontons flingueurs", titrait, il y a huit jours, notre confrère "L’Auvergnat de Paris".
Il ne nous appartient pas plus, en lieu et place des adhérents de l’Umih, de critiquer de l’extérieur ce qu’a fait, mal fait ou pas fait la présidente au sein de l’Union des métiers. Mais du travail accompli vers l’extérieur, et dont nous sommes les témoins en qualité de média, il nous semblait que Christine Pujol manquait d’une stratégie de communication, pêchant surtout par un manque de réactivité à l’évènement et aussi, d’aisance dans cet exercice. Or une bonne "com" aujourd’hui, c’est une banalité de le dire, est indispensable au leadership des femmes et hommes publiques. Méritait-elle pour autant d’être virée pour ce motif ? Un bon coaching fait des miracles !
On se gardera, enfin, d’affirmer qu’elle a également payé très cher son appartenance affichée au parti socialiste, que beaucoup pourtant ignorait, dans un milieu professionnel qui incline fortement à droite et à l’extrême droite. Mais il est légitime de se poser la question.
Voici donc le roi André de retour aux commandes et à l’antenne. Dès aujourd’hui ou dans quelques jours ou semaines. Passons vite sur le style du Gascon, qui ne laisse jamais indifférent, que l’on aime ou que l’on supporte mal sa faconde, sa brutalité et son habileté. Et allons à l’essentiel.
André Daguin, qui sait donner des coups, en a reçu aussi quelques uns. Il a fait montre d’un certain courage dans les milieux patronaux pour inciter ses collègues frileux à aller de l’avant sur la question sociale. Ce fut tout particulièrement le cas en 2004, lors d’une négociation historique, lors de laquelle il a joué un rôle clef. Bilan : une modernisation en profondeur la convention collective des CHR sur le tryptique salaires-durée de travail- jours fériés. Et la création d’un régime de prévoyance pour la branche.
Daguin garde à l’esprit les accords de juillet 2004. Il saura donc mettre en perspective les enjeux pour convaincre ses mandants d’avancer sur le chemin d’un accord. En 2004, c’est l’aide Sarkozy qui finançait les mesures. Aujourd’hui, c’est la TVA à 5,5. Et l’enveloppe, cette fois, a doublé !
Ah, si Christine et André s’étaient entendus pour que l’un mène les négos au nom de l’autre ! L’Umih n’en serait pas passée par cette crise. Qui va laisser des traces profondes.
Jean-François Vuillerme
Photo : ©LUDOVIC/REA

