> Loi, norme, prix ... Rentrée chargée pour les cantines
La restauration scolaire, c’est :
5,3 millions enfants et adolescents déjeunant chaque jour
980 millions de repas/an (hors repas enseignants et administratifs)
4,9 milliards d’euros de CA HT (32% du CA de la restauration collective)
premier marché de la restauration collective en France
Source : Gira foodservice, données 2007
Le site de l’ANDRM
Association nationale des directeurs de la restauration municipale
Christophe Hébert, son président
Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)
Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)
"Mais dites-moi, votre repas, il n’est pas conforme à la loi !"
Mine de rien, presque en catimini, une petite révolution culturelle se prépare dans la restauration des petits français ...
Songez, en effet, que le législateur, en l’occurrence Roselyne Bachelot, notre ministre de la Santé, pressée il est vrai par certains professionnels, envisage sérieusement de réglementer la composition des repas servis dans les cantines des écoles. Cela, au nom de la lutte contre l’obésité.
Recours en désuétude : l’obligation de moyens !
Pour la première fois, probablement, dans l’histoire de l’alimentation française, l’Etat imposerait à des collectivités publiques des modèles de repas décrits en détail dans ce qui est aujourd’hui un guide de recommandations.
Ce guide, au demeurant bien fait et légitime, (lire notre article à ce sujet)
aurait donc demain force de loi. Autrement dit, à l’obligation implicite de résultats de la restauration collective, qui est de bien nourrir, s’ajouterait une obligation explicite de moyens. Obligation abandonnée en matière de sécurité alimentaire depuis une bonne décennie. Les intoxications et les morts d’hommes se sont-elles pour autant multipliées dans la période ?
Big brother is feeding you !
Nous jugeons cette idée de loi déraisonnable, inapplicable et donc inefficace. Pour de multiples raisons aussi bien scientifique et philosophique que pragmatique. Une idée hélas bien dans l’air du temps de notre société de défiance mutuelle et de contrôle social, obsédés que nous sommes par notre santé et notre sécurité.
Pour analyser ladite idée, posons-nous trois questions simples. Que sait-on de la responsabilité des repas scolaires dans la montée de l’obésité ? Rien ! Celle-ci est-elle inéluctable au point qu’il faille légiférer jusqu’au contenu des assiettes ? Non ! Enfin, plutôt que de monter une usine à gaz réglementaire, une de plus, n’est-il pas plus raisonnable d’investir dans des compétences, nutritionnelles en particulier, sur le terrain en tout cas, à coût budgétaire constant ? Certainement !
Interview : Solenne Le Hen
Photo : ©Nicolas Tavernier/REA
Avis : Jean-François Vuillerme


