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Secteur // Restauration collective

Article publié le 25/11/2008 à 00h25 - Actualisé le 25/11/2008 à 09h13

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> La restauration des personnes démunies se professionnalise

Avec le retour de la crise, l’aide alimentaire repart en flèche, qui prend aussi la forme de repas servis dans des lieux adaptés. Assurer au mieux l’équilibre alimentaire, appliquer les règles sanitaires, respecter les notions d’accueil et d’habitudes culturelles, le tout avec des moyens de fortune … Autant de responsabilités qui incombent à des associations. Ecoutez notre reportage à "La Soupe", installée dans la crypte de l’église de la Trinité, à Paris (IXème).

 


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Plongée dans la "Soupe"

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Jusqu’à près de 200 "invités" par jour

Sans domicile, migrants, travailleurs pauvres ..., beaucoup viennent déjeuner plusieurs fois par semaine dans la crypte de l’église. Une centaine en début de mois, le double au fil des semaines, une fois leur modeste revenu (RMI le plus souvent) épuisé.

Confort et tranquillité

L’endroit est un peu austère (une crypte d’église...). Pourtant, il y fait bon déjeuner. Les invités disent apprécier la tranquillité et la propreté des lieux.

De la soupe mitonnée par des bénévoles

Il s’en consomme jusqu’à 160 litres par jour. Servie à volonté et très prisée, c’est le plat phare des repas de "La Soupe". Préparée le matin, elle comprend le plus souvent des légumes frais, un féculent, voire une protéine animale : poisson, steak haché ou viande blanche.

Les responsables de l’association s’efforcent de varier le menu chaque jour, sans toutefois appliquer un plan "nutritionnellement correct". Faute, surtout, de régularité dans la diversité des denrées fournies.

Malgré tout, un repas comprend un fromage mono portion, une soupe et, certains jours un plat cuisiné, ainsi que deux desserts, dont souvent un dessert lacté (yaourt, crème, etc.), une compote de fruits et des biscuits secs. Et bien sûr, du pain, acheté chez un boulanger du quartier. Les fruits frais sont plus irréguliers, faute d’appros.

En septembre, la Banque alimentaire fournit le plus gros des besoins en appertisés, déshydratés et épicerie. Ensuite, une fois par semaine, elle fournit le frais. Enfin, la Soupe se réapprovisionne grâce à deux collectes organisées fin novembre dans les magasins Shopi et Monoprix du quartier. Trois tonnes collectées en 2007 !

Une cuisine mise aux normes

Carrelage partout. Circuit propre et circuit sale distingués. La paroisse de la Trinité et l’association qui gère La Soupe ont pris en charge la réfection entreprise il y a quelques mois.

Un des premiers restaurants pour démunis sur Paris

Au coeur de l’église La Trinité, La Soupe a ouvert ses portes au milieu des années 80, un peu avant les Restos du Coeur. Et en prenant d’emblée l’option de servir des repas à table.

La plus grande force de La Soupe, ce sont ses bénévoles. 25 à 28 sur certaines journées (les équipes tournent chaque jour) pour cuisiner, accueillir et servir. Parmi eux, une ancienne gérante de restaurant d’entreprise.


Du panier repas à emporter au repas sur place

Aujourd’hui, l’aide alimentaire, c’est d’abord la fourniture de colis dans des locaux associatifs, notamment aux "Restos" du coeur, avec ses "paniers repas". C’est ensuite la distribution de soupe chaude sur la place publique.

Mais certaines institutions ont donné la priorité aux vrais repas assis. Qui demandent des investissements humains et financiers supplémentaires. Ces lieux d’accueil entre cantine, self et ambiance bistrot sont pour la plupart uniquement animés par des bénévoles, en cuisine comme au service.

L’équilibre budgétaire de ces restaurants est toujours à la merci des dons privés ou d’entreprises, des subventions de collectivités et de la banque alimentaire. Entre les dons en nature, les campagnes de collecte et les bienfaiteurs, cette restauration manque de visibilité.


Faire des dons, devenir bénévole... le site internet


Chiffres clefs sur l’aide alimentaire

- en 2007, les Banques alimentaires ont distribué l’équivalent de 143 millions de repas à 4 890 associations et organismes sociaux partenaires

- le nombre de bénéficiaires d’une aide alimentaire en France a augmenté de 8 % en deux ans selon le baromètre 2008 des Banques alimentaires rendu public à mi septembre.

- en 2008, les demandes d’aide alimentaire à la Croix Rouge, au Secours populaire ou au Secours Catholique affichent une hausse de 10 à 15 %.

- le nombre de repas fournis par les Restos du Cœur est passé de 8,5 millions en 1985 à 91 millions de repas lors de la campagne 2007-2008 fournis à 700 000 personnes. (sources Insee-Restos du Coeur).

- l’aide alimentaire de l’Union européenne aux organismes français doit passer de 50,9 millions d’euros à 78 millions en 2009.


Reportage : Astrid Charlery

Enquête : Astrid Charlery et Jean-François Vuillerme


Collecte nationale pour les banques alimentaires

Rendez-vous les 28 et 29 novembre avec nos colis de denrées

Le clip publicitaire de la campagne 2008